Voici une superstition nouvelle, mais, sans contredit la plus pernicieuse qui soit sortie, ce siècle, de l’abîme des ténèbres pour le malheur du christianisme, le scandale des faibles et la déception des impies.

Pendant près d’un siècle le démon a cherché à divertir et à tromper le monde par les merveilles du soi-disant magnétisme animal. Celui-ci a été suivi des prodiges encore plus étonnants des tables tournantes qui ont fini par amener, en 1862, ce que l’on a appelé le spiritisme ou la consultation des esprits. C’est ainsi que Satan, qui a commencé par séduire la première femme sous la forme insidieuse du serpent, continue à inventer de nouveaux moyens, à employer de nouvelles ruses, cachant toujours son action sous des apparences diverses pour parvenir à décevoir et à réduire en esclavage ses infortunés descendants.

Mais en quoi consiste le spiritisme ? Selon les spirites, les esprits qui font tourner les tables et qui s’en servent pour frapper et s’entretenir avec les vivants, sont les âmes des morts auxquelles on a donné le nom d’esprits frappeurs. Ces âmes, bien que privées du corps humain retiennent une forme semi-matérielle, appelée périsprit, par le moyen de laquelle l’âme s’unit au corps en cette vie, et peut, même après la mort, avoir des rapports avec les corps et entrer de nouveau en relation avec les hommes. La bonté et la perfection de ces esprits consistent dans leur séparation de l’élément matériel. Tous les esprits parviendront infailliblement un jour à cette pureté parfaite en parcourant, selon le mérite de chacun, une série de métamorphoses de moins en moins matérielles.

Après là mort, les esprits errent autour de nous jusqu’au moment de leur union avec un autre corps humain, et, par le moyen des tables et d’autres choses semblables, nous révèlent, selon le bon plaisir de Dieu, les devoirs qui nous incombent. Néanmoins, ils n’agissent pas tous de la même manière les uns, étant encore fort imparfaits, ne cherchent qu’à nous tromper ; les autres, au contraire, qui ont déjà atteint une pureté presque parfaite, ne nous manifestent rien que d’utile. Ainsi le moyen infaillible de distinguer les bons esprits des mauvais est la vérité de la doctrine qu’ils révèlent ou, en d’autres termes, leur élan vers le bien. Enfin, lorsqu’ils sont parvenus à se dépouiller entièrement de l’élément matériel, les esprits obtiennent la vie bienheureuse et sont députés par le Créateur comme ses ministres pour gouverner le monde. Telle est la doctrine spéciale du spiritisme.

Sa doctrine religieuse consiste :

1° à nier le surnaturel, l’existence des anges, des démons, de l’enfer, du purgatoire, du péché originel, le mystère de la rédemption, la divinité de Jésus-Christ, le culte de Dieu et les sacrements.

2° à enseigner la métempsycose comme moyen de parvenir à la perfection et à notre fin dernière. Il admet une morale purement naturelle. Par conséquent, la révélation spiritiste tend à renverser de fond en comble la religion chrétienne et doit être regardée comme tout à fait hérétique. Néanmoins, ceux qui consultent les esprits, ou les spirites, ont osé embrasser une telle doctrine bien plus, ils ont formé une secte particulière pour la propager partout et spécialement dans les grandes villes. Le cardinal Pie n’a-t-il pas bien raison de dire : « Au XIXe siècle, comme aux âges les plus reculés et les plus ignorants, l’espèce humaine, qui est naturellement portée vers le merveilleux, ne se détourne des merveilleuses réalités de la religion révélée que pour se jeter dans les bras de la superstition et de la magie ? »

Oui, le spiritisme est une superstition, et la pire de toutes, parce qu’il a recours à l’intervention du démon pour apprendre une doctrine fausse de tous points et entièrement opposée à la révélation divine. Lorsqu’on demande le nom et la qualité des esprits qui mettent en mouvement les tables et d’autres objets, ils répondent, d’ordinaire, qu’ils sont les âmes de telle ou telle personne, décédée depuis plus ou moins longtemps. Cela est-il vrai ? Non, bien certainement non. Nous sommes loin, il est vrai, de nier la possibilité de l’apparition des morts, mais nous soutenons que les morts n’ont rien à faire avec le spiritisme.

L’histoire même du catholicisme nous offre assez d’exemples de pareilles apparitions pour nous convaincre de leur réalité. Saint Pierre apparaît à Attila pour le détourner de l’occupation de Rome ; saint Louis de Gonzague se montre à sainte Marie-Madeleine de Pazzi dans la splendeur de la gloire céleste ; la bienheureuse Germaine se fait voir à Mme de Beauregard et la guérit ; sainte Perpétue voit son frère Dinocrate dans les tourments du purgatoire ; sainte Thérèse voit saint Pierre d’Alcantara qui lui dit : « Heureuse pénitence qui m’a mérité une telle gloire. » La sainte Écriture elle-même rapporte l’apparition de Samuel à Saül, celle d’Onias et de Jérémie à Juda Maccabée ; celle de Notre-Seigneur à Saül sur la route de Damas.

Ajoutons que l’évocation même des morts n’est pas condamnée par l’Église, si elle est inspirée de Dieu et faite en son nom. Le Bréviaire Romain nous en donne un exemple remarquable le 7 mai, fête de saint Stanislas, évêque de Cracovie, capitale de la Pologne. Ce pays avait alors pour roi Boleslas, que le Saint avait gravement offensé en le reprenant d’abord en particulier, ensuite publiquement, de ses infâmes désordres. Pour se venger, le prince cita l’évêque à comparaître devant lui comme injuste possesseur d’une terre qu’il avait achetée pour son église. Il n’y avait pas de titre d’achat, ni de quittance, et les témoins n’osaient dire la vérité. Stanislas ne se déconcerta pas. Il demanda seulement trois jours de délai pour amener Pierre, le dernier possesseur de la terre, qui était mort depuis trois ans. La promesse fut acceptée avec des éclats de rire ; mais, après trois jours de jeûne et de supplications solennelles, l’évêque se rendit avec tout le clergé à la tombe de Pierre et la fit ouvrir, on ne trouva, comme on s’y attendait, que des ossements tombant en poussière, et déjà les rires de l’incrédulité triomphante s’élevaient de tous côtés, quand le Saint commanda au mort de se lever. Celui-ci obéit soudain à la voix de l’évêque, se leva et l’accompagna au tribunal de Boleslas où il certifia la vérité de la donation qu’il avait faite ; après cela il se rendormit dans le Seigneur.

Ces exemples et plusieurs autres, que nous trouvons dans la Vie des saints, nous démontrent que les apparitions des personnes défuntes ne sont pas impossibles ; mais nous disons qu’elles sont rares, que Dieu ne les permet guère qu’à la prière des saints, ou dans des circonstances particulières, pour le bien ou l’édification des vivants ; tandis que l’erreur des spirites consiste à se persuader qu’au moyen d’une certaine formule ils peuvent à leur gré, renverser la barrière qui les sépare du monde d’outre-tombe et s’entretenir, toutes les fois qu’ils veulent, avec les âmes des morts. Ces âmes, comme la religion nous l’apprend, sont au ciel, en purgatoire ou en enfer, d’où elles ne peuvent sortir sans une permission spéciale de leur Créateur. Si Dieu avait voulu autoriser les rapports des vivants avec les morts, il en aurait certainement déterminé les conditions, le genre humain les connaîtrait et ne serait point réduit à être témoin de ces manœuvres suspectes et sans garantie, qui ne font que jeter dans nos âmes le doute, le trouble et la plus terrible agitation. Non seulement Dieu n’a pas autorisé de tels rapports, mais dans la loi mosaïque (Deut., XVIII, 11, 12), il a défendu dans les termes les plus sévères la pratique païenne de conjurer les prétendues âmes des personnes défuntes.

Il est donc clair comme le jour que ces esprits, qui obéissent si volontiers à l’évocation des sectaires du spiritisme, sont simplement les démons, toujours attentifs à profiter des moyens les plus capables de séduire les pauvres mortels. Et remarquez que l’erreur du spiritisme date de loin, elle existait déjà du temps de saint Augustin, qui la signalait en ces termes : « Ces esprits sont trompeurs, non par nature, mais par malice. Ils se font passer pour des dieux et pour les âmes des défunts, mais ils se gardent bien de s’appeler démons, comme ils sont en réalité. » (Cité de Dieu, X.)

« N’allez pas croire, ajoute le docteur Wier, qu’il soit fort difficile au démon de représenter faussement la figure des esprits dépouillés de leur corps pour effrayer, par des apparitions, les héritiers des défunts et autres ; ceci a lieu pour obliger les simples et ceux qui ont peu de confiance en Dieu à faire des choses illicites, sous prétexte de religion, selon la forme qui leur est imposée. Il tâche aussi de confondre ceux qui sont fermes dans la foi et prend tous les moyens de les ébranler ; d’enrichir par des promesses les désespérés, les crédules, les imbéciles ; de perdre ceux qu’il séduit par l’espoir d’un riche héritage, et de les tourmenter par la crainte d’une mauvaise fortune. » .(Imposture des démons, cité de l’édition anglaise du livre : Le démon, par le P. Delaporte.)

Sans doute ces prétendus morts apportent certaines preuves de leur identité, mais ces preuves ne sont nullement concluantes. Ils vous rappellent des circonstances particulières qui n’étaient connues que d’eux et de vous, le crayon mystérieux imite leur écriture tout cela peut-être. Mais ne vous y trompez pas : les démons étaient les témoins invisibles de ces circonstances, que leur coûte-t-il donc de vous les rappeler ? Et, s’ils font des prodiges qui étonnent tout le monde, ne peuvent-ils pas aisément contrefaire l’écriture des morts ? Et puis ils connaissent assez le cœur humain pour savoir qu’en vous persuadant que vous avez à converser avec une personne chérie, ils obtiendront de vous une oreille plus attentive lorsque affectant une certaine simplicité, ils vous déclareront hardiment que l’enseignement catholique est erroné. Ces invisibles interlocuteurs se donnent les noms les plus vénérables, tels que ceux de saint Paul, de saint Louis et, sous ces noms, ils contredisent la doctrine de saint Paul et la foi de saint Louis, et répètent, comme des perroquets, les phrases humanitaires de nos philosophes modernes. Mais l’histoire nous apprend qu’il y a eu des apparitions authentiques de défunts glorieux, qui ont été attestées par des miracles et, cependant, aucun d’eux n’a déclaré qu’il s’était trompé en croyant et en professant, durant sa vie, les dogmes de la religion catholique. Que nous importe donc si ces derniers venus, prenant, au hasard, les noms de nos saints et des héros de la libre pensée, proclament emphatiquement des erreurs ressuscitées avant eux par une douzaine d’incrédules notoires ?

Mais, objecte-t-on, ces esprits ne sauraient être des démons, car ils exhortent parfois à pratiquer la vertu, ils reprochent certains défauts, ils pressent d’acquitter certaines dettes laissées par les parents morts, etc. Ceux qui font une pareille objection ne considèrent pas que la conduite de ces esprits est semblable à celle des hérétiques et des révolutionnaires. Pour s’insinuer dans l’esprit des honnêtes gens, les perturbateurs professent hautement de grands principes de moralité, d’honneur et de charité ; ils représentent adroitement les hommes ou les institutions, qu’ils veulent renverser, comme hostiles à ces principes, et produisent ainsi un fanatisme qui n’est pas autre chose que la générosité du sentiment mise au service de l’erreur.

Si les malins esprits prêchaient seulement la vérité et la vertu, ils feraient notre affaire et non la leur ; s’ils prêchaient seulement l’erreur et le vice, ils causeraient de l’horreur à quiconque ne serait pas entièrement dépravé et corrompu. Leur adresse consiste à cacher le poison dans la dragée. Oui, les esprits modernes, en cas de besoin, louent l’Évangile, comme Jean-Jacques Rousseau* ; la justice, comme Proudhon* ; la pureté de cœur, comme Georges Sand* ; et même le catholicisme, comme Renan*.

Après cela, les âmes honnêtes, qui sont trop loyales pour croire à la perfidie, et qui, d’ailleurs, ne sont pas fâchées de trouver une religion nouvelle, beaucoup moins effrayante dans ses menaces et beaucoup plus commode dans sa morale que l’austère catholicisme, accordent à ces esprits une confiance qui peut les conduire à l’abîme et les perdre sans ressource.

Pour dévoiler toute l’hypocrisie des malins esprits, qui se plaisent à converser avec les nouveaux sectaires, nous ne saurions mieux faire, pensons-nous, que de relater ici l’entretien que le vicomte de Meslon eut avec ces esprits à Rauzan (Gironde) en 1853.

« Q. Est-ce réellement à des êtres intelligents que nous avons affaire ? 
R. Oui.
Q. Êtes-vous de bons esprits ?
R. Oui.
Q. Y a-t-il un enfer éternel ?
R. Non.
Q. Est-ce donc que la religion catholique nous trompe sur ce point ?
R. Oui.
Q. En quoi consiste le châtiment des méchants ?
R. A aller passer un temps d’épreuve plus ou moins long dans la sphère la plus proche de la terre, à s’élever alors successivement et progressivement de sphère à sphère, selon la purification de l’esprit, jusqu’à ce qu’à la fin il parvienne à la dernière sphère et qu’il soit réuni à Dieu.
Q. Êtes-vous de la même nature que les esprits-frappeurs des États-Unis ?
R. Oui
»

Bientôt après, l’esprit déclare qu’il est le frère de M. de Meslon, qui était mort en 1845 dans de grands sentiments de religion, et il répond, avec une parfaite précision, aux questions qu’on lui pose par suite de cette déclaration.

On l’adjure au nom du Dieu vivant de ne pas tromper, et l’on place sur la table des crucifix avec des objets bénits. L’esprit persiste à dire qu’il a été envoyé de Dieu pour éclairer sa famille, pour la défendre contre les pièges des démons, et pour la diriger dans la voie de la vertu et de la vérité. À tout moment, il cite de lui-même des sentences de l’Écriture sainte, il presse ses auditeurs d’aimer Dieu et d’honorer la très sainte Vierge. Quand il est interrogé touchant des affaires financières ou les choses futures, il refuse nettement de répondre, et reprend, au nom de Dieu, la légèreté et l’imprudence de ceux qui lui font de telles questions.

Mais, un soir, une petite table de travail, interrogée à son tour, donne le conseil de se défier de l’esprit de la table ronde, c’est-à-dire de celui dont nous venons de parler. Ce dernier répond en sommant, au nom du Dieu vivant, l’esprit de la table de travail d’avouer qu’il est un esprit mauvais. Après une résistance obstinée et quelques contorsions épouvantables, la petite table avoue qu’elle est animée par le démon, jaloux du bien que l’âme du défunt faisait à sa famille. « Depuis lors, dit M. de Meslon, notre confiance aurait été absolue, mais Dieu, qui voyait le fond de nos cœurs, ne permit pas au démon de nous tromper plus longtemps. Un dimanche, la petite table ronde, qui presque toujours parlait d’elle-même, refusa d’abord de répondre, ensuite elle se leva impatiemment et nous dit mot à mot ces paroles » :

« Je suis lassée de vous répéter incessamment des paroles emmiellées que je ne pense point, et de vous exprimer des sentiments affectueux, quand je n’ai d’autre sentiment pour vous que de la haine. » — « Mais, demandâmes-nous avec étonnement, n’êtes- vous pas celui que vous prétendiez être ? » — « Non. » « Qui êtes-vous donc ? » — « L’esprit du mal. » — Quel était le but de l’ignoble farce que vous nous avez jouée pendant si longtemps ? — « C’était de chercher à vous inspirer de la confiance pour mieux vous tromper ensuite. » — « Mais, est-ce que vous ne souffriez pas d’être obligé de nous parler de Dieu, de la Vierge et des Saints, et en particulier lorsqu’on mit sur la table un crucifix, des médailles religieuses, etc.? » — « Je souffrais, mais je cachais ma souffrance dans l’espoir de réussir après à vous égarer. » — « Vous nous haïssez donc ? » — Oui, parce que vous êtes chrétiens. » Alors l’esprit prit congé de nous avec ces mots : « Dieu me force de vous parler ainsi ; l’enfer me réclame ; adieu. » (Question des Esprits par M. de Mirville, retraduit de l’anglais.)

Ce trait nous fait voir jusqu’où va l’hypocrisie du démon pour décevoir même les âmes honnêtes. Tout être qui tient de mauvais discours doit nécessairement être mauvais et celui qui dit de bonnes choses doit nécessairement être bon, tel est le raisonnement que font les personnes simples. Le démon en profite pour les induire en erreur ; hypocrite consommé, il emploie le langage de la vertu, et même de la piété, afin de passer pour un bon esprit et, comme tel, d’insinuer plus aisément des principes contraires à la vérité et à l’enseignement catholique.

On se laisse encore prendre aux embûches du malin esprit quand on ne le voit pas fuir au nom du Dieu vivant ; mais on devrait savoir que le nom de Dieu, prononcé avec négligence et par un motif de curiosité, n’effraie pas le démon. Enfin, et par-dessus tout, on devrait bien se rappeler cet axiome fondamental : tout être, soit homme, soit esprit, qui annonce une nouvelle doctrine touchant des questions d’importance vitale pour le genre humain, telles que celles de ses obligations et de sa destinée, doit donner une démonstration rationnelle, ou bien prouver clairement qu’il est envoyé de Dieu. Nos invisibles babillards ne font ni l’un ni l’autre. Leur philosophie n’est pas plus solide que celle d’un rêveur en chair et en os.

Et, bien loin de donner des preuves de leur mission divine, ils sont souvent contraints, comme aux premiers jours du christianisme, de montrer le bout de leurs cornes.

De fait, ces esprits, aussi fourbes qu’orgueilleux, nient généralement leur réprobation et surtout l’éternité de leurs peines, ils s’attachent, dans leurs rapports avec les hommes, à remplacer la doctrine salutaire d’un enfer éternel par celle de la transmigration des âmes, appelée par les Grecs métempsycose ; mais, par une inconséquence qui leur est commune avec tous les fauteurs de l’erreur et du mensonge, ils reconnaissent, une fois ou l’autre, l’éternité de leurs souffrances.

C’est ainsi qu’une personne obtint des esprits-frappeurs eux-mêmes l’aveu de leur damnation éternelle.

« Donnez-nous, leur dit-elle, quelque idée de la bonté de Dieu. » — « Comment pourrais-je le faire, puisqu’elle est infinie ? » — « Elle est infinie, et cependant vous souffrez, malheureux ! » — « Cruellement. » — « Et pour toujours ? » — « Pour toujours. » — « Mais, si vous êtes malheureux comme vous semblez l’être, et que Dieu soit si bon que vous dites supposez que vous essayiez de l’apaiser, — qui sait ? » — « Vous demandez ce qui est absolument impossible. » — « Et pourquoi ? » — « Il ne saurait me pardonner, puisque je ne le désire pas. » — « Et s’il vous proposait un anéantissement complet, l’accepteriez-vous ? » Après quelque hésitation, l’un des esprits répondit : « Oui, parce que l’existence est le seul bien que je tienne encore de lui, et alors, n’étant plus rien, je ne dépendrais plus de lui. » L’autre dit : « Non, je ne l’accepterais pas, parce que je n’aurais plus la consolation de le haïr. » — « Haïssez-vous donc à ce point ? » — « Si je hais ?.…. Mais mon nom c’est haine ; je hais tout je me hais moi-même. » (Question des Esprits, cité par le P. Delaporte dans son livre Le Démon, édition anglaise.)

Cette révélation candide des esprits-frappeurs au sujet de l’éternité de l’enfer ne suffit-elle pas à elle seule pour désabuser les spirites, qui, ajoutant foi aux paroles mensongères de quelques tables tournantes, se bercent du vain espoir d’échapper, malgré leurs crimes, aux supplices éternels, et comptent pouvoir acquitter leurs dettes envers la justice divine par une série de transmigrations relativement faciles ? Eh quoi ! la destinée de l’homme serait de courir de planète en planète, ou bien de devenir successivement, en ce monde, homme, rat, crocodile, âne, cheval, éléphant, et le genre humain aurait attendu jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle pour l’apprendre de tables qui battent la générale !… S’il y a un enfer éternel, une prison pénible et ignominieuse pour d’insolents criminels, pensez-vous que des esprits, jaloux du sort de l’homme, viendront nous révéler leur ignominie et raviver dans nos âmes la crainte salutaire des châtiments qu’ils endurent ?

Interrogez chacun des malheureux qui gémissent dans cette prison, ne vous répondent-ils pas tous qu’ils sont les victimes innocentes de la justice trompée ? La métempsycose sera toujours ce qu’elle a été de tout temps, une chimère de l’imagination que l’impie accueille avec empressement, mais qui est rejetée à la fois par la révélation chrétienne, les traditions du genre humain et le bon sens.

Finalement, si nous voulons connaître à fond le spiritisme, jetons un coup d’œil sur ses résultats : on connaît l’arbre à ses fruits. Quels sont donc les fruits du spiritisme ?

Dans l’ordre physique : aucun progrès sérieux et utile ; pures illusions, et tout au plus le soulagement équivoque et passager de quelques infirmités ; d’autre part, toute sorte de maladies nerveuses et autres qui sont causées par une imagination exaltée outre mesure.

Dans l’ordre intellectuel : un appui donné à cinq ou six erreurs qui, d’âge en âge, s’élèvent contre les dogmes constants du Catholicisme ; une pâle redite, sous une forme mystérieuse, des sophismes rebattus dans les journaux antireligieux ; les esprits de mensonge disant eux-mêmes ce qu’ils faisaient dire à des bouches humaines, voilà tout.

Dans l’ordre moral : désastres, folie, suicide. Dans plus d’un endroit, des révélations plus ou moins d’accord avec la vérité sèment des dissensions dans les familles. Les maisons des fous sont remplies de spirites dont le cerveau a été dérangé par les esprits.

De 1820 à 1870, le nombre des aliénés a triplé. Parmi deux cent cinquante-cinq aliénés enfermés dans une maison, cinquante-quatre étaient les victimes du spiritisme !

Le dégoût de la vie s’empare des malheureux qui ont des rapports avec celui qui est un meurtrier depuis le commencement. À Tours, deux vieillards se sont donné la mort ; à Lyon, une femme s’est saisie d’un rasoir et s’est fait aux deux bras des blessures incurables. Aux Etats-Unis, on a constaté que le spiritisme est pour un sixième dans les cas de suicide et de folie.

Ces tristes accidents augmentent chaque jour. Que ceux qui ont des yeux pour voir les ouvrent avant que leur illusion soit complète et irrémédiable, et puis qu’ils prennent la résolution :

  • 1° de rompre tout engagement avec le spiritisme
  • 2° de ne contribuer ni par leur présence ni par leurs cotisations à aucune réunion de spirites
  • 3° de brûler les livres et de repousser les journaux qui favorisent et encouragent le spiritisme.

Extrait du livre : Guerre a Satan, l’éternel ennemi du genre humain. 1892 – Par un missionnaire apostolique

*Lire La conjuration anti-chrétienne de Mgr Henri Delassus

Soyez sobres, restez vigilants : votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer.
1 Pierre 5:8
Panier

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